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Le combat de petit loup blanc

 dessin coeur de la terre


À un moment fatidique de sa vie, un jeune garçon reçoit en cadeau un roman. Le livre destiné à n'être qu'un passe-temps se révèlera déclencheur de troublantes confessions. Bien conscients de la situation, les parents du petit chérubin lui apporteront tout le soutient nécessaire.


 

 

 

Toc toc toc !

— Qui est là ? répondit une faible voix.

— C'est moi mon petit !

— Maman ! Tu es venue !

— Oui Itak je suis venue, dit la mère en arborant un beau sourire.

— Ho ! Tu es trop gentille, tu m'as ramené le livre que je souhaitais, s'enthousiasma le petit garçon alité dans sa chambre blanche.

— Oui ! J'y ai associé un joli bouquet de fleurs. Elles égailleront cette pièce un peu froide tu ne trouves pas ?!

— C'est parfait ! répondit l'enfant en regardant sa mère disposer les fleurs rouges et jaunes sur la table à côté de la lumineuse fenêtre.

— Alors… Parle-moi de ton livre un peu.

La femme assit sa fine silhouette sur le rebord du lit et secoua la tête pour dégager sa belle chevelure soyeuse.

— C'est un roman fantastique… Heu non… fantasy ! J'espère que j'aurais le temps de le finir, déclara Itak, la mine pensive.

— Mais qu'est-ce que tu vas chercher là ! le sermonna la maman.

— Je sais que tu ne veux pas parler de ça mais… je sais… je sais que je n'en ai plus pour très longtemps.

Troublée et ne sachant que dire, la femme saisit la main de son fils et le regarda de ses yeux bleus embués.

— Ne dis pas de bêtises… finit-elle par déclarer d'une voix tremblante.

— Tu sais, je n'ai pas de problème avec ça… Ma vie sera plus courte que celle des autres… Ce qui m'attriste est de vous quitter, toi et papa, de ne pas pouvoir passer plus de temps avec vous. Je ne veux pas vous rendre tristes.

Retenant ses larmes du plus fortement possible, la mère serra un peu plus la main de petit loup blanc, surnom qu'Itak s'était donné pour lui apporter force et courage.

Voyant sa mère si bouleversée, le petit garçon lui sourit avant d'articuler quelques mots qu'il pensait apaisant.

— Tu pourras toujours sentir battre mon coeur à chaque instant. Et puis… dans une prochaine vie… je te choisirai encore comme mère. J'espère qu'à cette occasion, nous pourrons avoir un peu plus de ce temps si précieux.

 

Deux jours plus tard, un homme et une femme traversèrent le long couloir les séparant de leur enfant. Tous deux entrèrent dans la chambre aux fleurs fanées.

— Coucou mon petit loup blanc, chuchota la maman.

— Salut fiston, murmura le papa.

— Demain c'est ton anniversaire Itak ! Tu vas passer à deux chiffres, de 9 à 10 !

— On t'a préparé un groooos gâteau ! Tu verras, ça va être un moment fantastique !

Emmitouflé dans sa couette et visiblement très fatigué, Itak souleva péniblement la tête. 

— J'ai hâte qu'on soit tous réunis pour cet événement, dit-il avec un petit sourire aux lèvres.

Trop épuisé pour tenir une conversation, Itak reposa la tête sur son oreiller et ferma les yeux. Tous trois écoutèrent longuement la pluie marteler mélodieusement les vitres donnant sur la cour intérieure.

 

Le lendemain matin, les deux parents marchèrent d'un pas pressé au travers des longs couloirs maintes fois arpentés, heureux de retrouver leur fils pour ce moment tant attendu…

— Tu as pensé aux allumettes, s'inquiéta soudainement le papa.

— Oui, oui, je les ai prises, le rassura immédiatement la maman en regardant le lourd gâteau gigoté entre ses mains nerveuses.

À l'approche de la chambre, un homme en blouse blanche leur barra la route. Sa figure au ton grave les avertit et leur fit instinctivement entendre ce que leurs oreilles ne voulaient pas.

— Petit loup blanc s'est éteint ce matin, articula finalement l'homme en blanc avec sobriété.

 

Des jours plus tard, l'homme et la femme se tenaient debout face à une pierre gravée. Comme s'il les attendait, un beau papillon écarlate s'envola de la stèle et vint se poser brièvement sur l'épaule paternelle puis tourbillonna avant de s'arrêter également sur l'épaule maternelle. Sous les yeux brillants du couple, le papillon s'envola dans les airs ensoleillés pour y disparaitre à tout jamais.

 

 

Qu’est ce que la vie ?
C’est l’éclat d’une luciole dans la nuit.
C’est le souffle d’un bison en hiver.
C’est la petite ombre qui court dans l’herbe et se perd au coucher du soleil.
Crowfoot (chef des Blackfeet)


03/11/2013
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